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Ecrire des récits de fiction

En France tout le monde ou presque adorerait devenir écrivain. Pourquoi ne pas passer à l'action ?

La double contrainte de l'écrivain débutant

Bonjour c'est Paul, 

Il fait un temps de chien aujourd'hui et j'émerge du roman dans lequel je suis immergé depuis 15 jours désormais pour venir discuter un peu avec toi. C'est bien de faire des pauses n'est-ce pas ? Alors pourquoi ne pas le faire ?

Aujourd'hui j'ai envie de te parler de ce que j''appelle la double contrainte de l'écrivain débutant ( débuter n'est pas bien sur une question d'age mais d'inexpérience )  et j'espère que tu ne m'en voudras pas trop pour ma franchise mais comme nous sommes entre amis il n'y a pas de raison de s'en émouvoir plus que ça.

De plus si tu n'es pas d’accord avec moi, tu as la possibilité de le dire en commentaire , aucun soucis.

 

Quand on me demande comment aborder l’écriture j’éprouve toujours une certaine difficulté à ne pas brusquer les gens tout simplement parce que j’ai énormément galéré pour enfin comprendre comment m’y prendre.

Peut-être que tu viens de t’y mettre comme on dit. Tu éprouves sans doute cette envie, ce besoin impérieux de t’exprimer grâce à l’écriture et peut-être également as-tu un manuscrit, ou plusieurs,  rangés dans le tiroir de ton bureau.

Dans ce cas tu vois certainement de quoi je veux parler entre l’envie d’écrire un livre, un roman, une autobiographie, un recueil de nouvelles, de poésie ou je ne sais quoi diable d’autre, et la dure réalité du résultat obtenu en suivant cette envie.

La plupart du temps ces manuscrits ressemblent un peu à un cadavre dans un placard. On n’en est pas bien fier, sinon on les aurait déjà adressés à un éditeur. A moins que tu ne fasses partie de ces personnes qui s’acharnent toute leur vie à chercher une perfection qui dans le fond n’existe pas, c’est mon humble avis.

La vraie raison bien plus plausible pour laquelle tu n’as jamais envoyé de manuscrit à un éditeur c’est parce qu’elle t’aurait obligé à t’extraire d’une certaine zone de confort.  En effet c’est bien plus satisfaisant de se dire que l’on possède au fond d’un tiroir la preuve que l’on est écrivain ( une preuve qui nous convient ) que de se risquer à passer l’épreuve du feu qui, ne nous mentons pas,  se termine pratiquement toujours sur un échec, un refus avec une jolie lettre circulaire évoquant laconiquement  et poliment que ton travail n’intéresse personne.

Le cas échéant il existe une seconde catégorie de personnes qui a franchi le pas et qui a envoyé un manuscrit une fois .En revanche ce manuscrit a déjà été refusé et l'écrivain qui l'a envoyé -c'est peut-être bien toi- se sera juré de ne plus jamais recommencer. Pour cette seconde catégorie il est très difficile de résider encore dans cette fameuse zone de confort que propose le personnage d’écrivain que l’on s’est inventé de toutes pièces.

Ceux là ne se vanteront plus d’être écrivain à personne désormais , ils éprouveront une amertume envers l’écriture elle-même probablement ce qui est relativement honnête par rapport à leur postulat de départ puisque sommes toutes ils auront essayé de se servir de l’écriture pour donner une substance à leur existence.

Moins honnêtes seront ceux qui en voudront au monde entier et aux éditeurs particulièrement qui n’auraient pas reconnu d’emblée leur talent ou leur génie. Ceux là malheureusement sont irrécupérables car ils ont fini par cristalliser dans l écriture un enjeu qui n’a rien à voir, encore une fois, avec celle-ci . On pourrait évoquer  un vide ou un manque fondamental qu’elle leur a permis de combler, pensent ils,  plus ou moins consciemment.

Aussi si on leur retire ce prestige qu’ils se seront attribué seuls, ils se retrouveront aussitôt face au même vide au même manque insupportable . Et pour n’avoir pas à le supporter il utiliseront la haine ou la rancœur.

Non,  toutes ces variantes face à la situation ne valent pas grand-chose en ce qui concerne l’acte d’écrire et on y reconnaîtra tous les artifices de l’ego pour se faire mousser vis-à-vis de lui-même ou des autres et pas grand-chose d’autre.

Autant dire que pour parvenir à l’écriture il faille passer par toutes ces étapes ce serait exagéré de ma part, mais si tu réfléchis bien le risque est souvent présent de glisser vers l’une ou l’autre si tu es honnête envers toi-même.

L’honnêteté voici le mot lâché ! et je ne veux pas parler de vertu ici mais plus de simplicité de réalisme et surtout de travail.

On ne se décide pas écrivain parce que cela fait chouette sur une carte de visite.

Et la grande difficulté réside aussi dans le fait que si on ne se le dit pas tous les jours on risque bien aussi de ne jamais pouvoir y parvenir.

C’est ce que j’appelle la double contrainte.

Il ne faut jamais cesser de se rappeler que l’on est un écrivain et en même temps posséder suffisamment d’humilité pour oser faire lire ses textes à un plus grand nombre de personnes tout en sachant que les critiques et les refus seront le plus souvent notre pain quotidien.

Pour être l’écrivain que je suis j’ai mis des années et bon nombre de celles-ci furent consacrées à ne pas écrire justement, mais à vivre le plus simplement possible ma vie. A m’enfouir dans le quotidien pour perdre une grande partie de ce que je pensais être ma singularité mon unicité, ma différence .

Ce n’est qu’à ce prix d’en avoir terminé avec un personnage de fiction que je m’étais inventé dans ma jeunesse que je suis enfin parvenu à entrevoir la réalité du métier d’écrivain.

Un travail comme tous les autres , un métier sur lequel il ne faut jamais cesser de remettre son ouvrage de façon à rendre le plus compréhensible, vraisemblable, juste par rapport à un postulat de départ,  une histoire qu’on décide d’écrire. Rien de plus simple une fois toute la complication dépassée.

Il n’y a pas grand-chose de surnaturel ni de fantastique ni de poétique là dedans.

Si une scène écrite parait magnifique au moment où elle arrive sous la plume ou plutôt le clavier, il y a de grandes chances qu’à la relecture elle ne le soit plus. Alors il faudra sans doute la réécrire une nouvelle fois, 5 fois, 10 fois jusqu’à se dire parfois qu’elle est parfaitement inutile et la jeter à la corbeille.

C’est le lot des vrais écrivains de ne jamais cesser d’écrire tout en sachant que très peu de ce qu’ils auront écrit sera un jour publié. C’est pour cela que si la motivation de départ est juste un besoin de reconnaissance, le fruit d’un orgueil, d’une vanité ce projet d’écriture ne tiendra pas.

Pourtant il existe une solution afin d’en finir avec les enfantillages et se mettre vraiment au travail.

C’est d’avoir à la fois une régularité dans le travail et une méthode qui permette de ne pas s’égarer.

Je t’en parlerais un peu plus en profondeur dans un autre article. Pour le moment je te laisse digérer un peu celui-ci .  

En espérant que tu ne m’en voudras pas trop d’avoir dit la vérité. D'ailleurs cette vérité n'est que la mienne. Et libre à toi bien sur de me donner ta version des choses en commentaire. De plus si cette article te semble interessant et que tu penses qu'il puisse aider un plus grand nombre de personnes je ne t’empêche pas de le partager. Belle journée à toi !

 

 

 

 

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