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Ecrire des récits de fiction

En France tout le monde ou presque adorerait devenir écrivain. Pourquoi ne pas passer à l'action ?

Apprendre à traire les vaches pour bien raconter des histoires.

Bonjour c’est Paul,

J’espère que ce confinement ne te pèse pas trop et que tu en profites pour écrire si telle est ton envie !

Une matinée très productive puisque je me suis lancé dans la rédaction  de mon roman sitôt mon café avalé et que je n’ai pas pu relever le nez avant d’avoir tapé presque 2600 mots.

 Il y a des jours comme ça où l’histoire, les personnages, le récit, les mots -quelque chose de tout cela- nous happe et il faut qu’on aille jusqu' au bout un peu de la même façon que l’on s’assoit pour traire une vache. Tu as déjà trait une vache ?  Le truc c’est de continuer jusqu’à extraire vraiment la dernière goutte de lait. Et à ce moment là il se passe un truc dingue entre l’animal et toi. Vous éprouvez une sorte de gratitude. Chez la vache cette gratitude peut s’exprimer par quelques poils qui se redresse sur son échine ou alors juste un mouvement de tête pour qu’elle te montre son regard bovin apaisé. Ce n’est pas grand-chose, pas très expansif mais ça suffit amplement pour comprendre que tous les deux vous avez fait le job.

Les américains qui considèrent l’art de la narration suffisamment digne pour l’enseigner à l’université appellent cette technique le milking.

On prend une idée, cela peut -être une simple scène et on la travaille jusqu’à en extraire tout ce qui est humainement possible de le faire grâce à l’écriture.

C’est vraiment un exercice fascinant de constater qu’à partir d’une idée parfois à première vue ordinaire, banale, on puisse tirer tant de substance.

La même chose pour les personnages. Beaucoup de personnages gagnent à être « traits » comme des vaches.

On peut aborder ainsi la sphère intime, la sphère des proches, des amis du personnage jusqu’à arriver ensuite à une sphère encore plus large qui ouvre sur le social et pourquoi pas le spirituel.

Ce que j’adore faire c’est d’utiliser le « il narratif » c'est-à-dire le point de vue du personnage pour décrire par un jeu de dialogues avec les autres personnages avec les événements qui lui arrivent afin d’explorer ainsi ces trois sphères.

Tout l’art est de ne pas le faire de façon trop marquée mais de saupoudrer ça et là quelques indices pour le lecteur attentif.

J’ai pris pour règle que le lecteur est même plus attentif que l’auteur comme contrainte. Cette contrainte est très utile quand je suis satisfait de mon travail par exemple. C’est la plupart du temps un signe évident qu’il va falloir tôt ou tard que je revois ma copie. Pour ce faire je refais passer le texte sous les yeux de plusieurs lecteurs que je m’invente ( après tout c’est mon boulot aussi d’inventer des lecteurs comme des personnages ) et tant que le texte résiste à l’un de ces lecteurs, qu’il n’offre pas une clarté pour chacun, je le reprends et le reprends sans relâche.

Je ne parle pas ici des fautes d’orthographe ni des règles de grammaires mais plutôt d’une cohérence interne du récit par rapport à quelques postulats de départ.

Quelle est l’idée générale de mon roman? De quoi est-il question vraiment derrière cette histoire, que ce soit une romance, une intrigue policière, une nouvelle …. Il y a toujours un sous texte que l’on devrait cerner dès le départ afin d’être le plus efficace possible et de conduire la créativité sur des rails sans qu’elle ne s’égare dans le décor.

Quelle est l’idée de mon roman ? Cela signifie : quel est le conflit moral que va devoir affronter mon protagoniste principal ? quel est son objectif conscient et, encore mieux :  « inconscient ». Quel processus de transformation va-t-il subir tout au long de l’histoire en partant d’une situation où l’on comprend par exemple qu’il se ment à lui-même et aux autres pour parvenir à la prise de conscience de ce mensonge et enfin découvrir la raison de ce mensonge qui sera une vérité et qui lui permettra de rejoindre sa vie, interrompu par l’aventure du roman.

Tout cela devrait être travaillé en amont pour ne pas s’égarer par la suite lorsque au fur et à mesure de la progression du récit d’autres personnages vont intervenir.

D’où la nécessité de créer un petit texte laconique que l’on affichera devant soi et dont on pourra se souvenir facilement au moment de voguer vers les mystérieux méandres de l’écriture.

Ce que j’ai remarqué c’est qu’en jonglant quotidiennement entre l’analyse, l’étude poussée des éléments qui vont constituer la trame de mon histoire, lorsque je l’écris la créativité s’en trouve démultipliée.

Et j'ai encore envie de te parler d'un outil qui peut t'aider à mieux cerner tes personnages.

La pyramide de Maslow au service de la création de personnages

 

La pyramide de Maslow est une représentation pyramidale de la hiérarchie des besoins, une théorie de la motivation élaborée à partir des observations réalisées dans les années 1940 par le psychologue Abraham Maslow.

Ce dernier écrira un article sur la théorie des motivations humaines qui paraîtra en 1943.

En 1970 un second ouvrage intitulé  "motivation et personnalité" développe un peu plus cette théorie de la motivation en explorant ce qui se cache derrière celle-ci .

Maslow définit 5 groupes fondamentaux représentant les besoins psychologiques les besoins de sécurité les besoins d’appartenance et d’amour , les besoins d’estime et le besoin d’accomplissement de soi. Pour Maslow cette organisation pyramidale semble universelle.

Son postulat de départ est qu’une motivation a pour origine des déterminismes tels que la culture, le milieu social, ou l’éducation. Ainsi par exemple une personne peut satisfaire son estime de soi en étant reconnue comme un bon chasseur par ses pairs et une autre personne en possédant le pouvoir.

 

Tous ces besoins qui se cachent sous une ou plusieurs motivations, ces désirs peuvent être classés hiérarchiquement. Si les besoins sont continuellement présents certains se feront sentir plus que d'autres à un moment donné.

Par exemple:  Un personnage qui a tout perdu peut mettre sa vie en danger pour le simple besoin de se nourrir, les besoins psychologiques sont alors plus importants que ceux plus sécuritaires.

Ainsi Maslow pensait que lorsqu’un groupe de besoin est satisfait, un autre groupe va tendre à le remplacer selon un ordre hiérarchique bien défini.

La véracité de cette théorie est remise en question par les chercheurs modernes car on s’aperçoit qu’il n’est pas nécessaire qu’un groupe de besoins soit satisfait à 100% à chaque fois pour faire passer le niveau de besoin d’une personne sur le prochain plan.

Il y aurait plus vraisemblablement un niveau d’accomplissement variable selon les besoins et les individus qui leur laisserait entrevoir le niveau de besoin suivant qu’ils pourraient envisager par la suite d’atteindre.

 

On utilise la pyramide de Maslow en marketing, pour analyser l’impact d’un produit vis à vis de la notion de besoin d’une population.

Cependant on peut également utiliser ce modèles pour créer un personnage en associant ainsi selon les événements qu’il traversera dans le récits cette notion de satisfaction , d’accomplissement au fur et à mesure de celui ci.

 

Exemple

Prenons un inspecteur de police qui doit résoudre une enquête et qui est tellement surbooké qu’il n’a pas eut le temps de se nourrir et de dormir pendant plusieurs jours

On peut jouer avec ce besoin psychologique de se nourrir et dormir qui le préoccupe en tache de fond et qui ne lui permet pas d’atteindre paisiblement les échelons suivants lors d’une scène  ce seront des obstacles qu’il devra affronter et résoudre soit en décidant de régler le problème en allant déjeuner et faire une bonne sieste soit on faisant montre d’un effort de volonté qu le force à dépasser sa faim et son besoin de repos ( peu crédible au bout du compte dans une scène tranquille ou il pourrait avoir largement de le faire )qui sont par exemple l’assurance, la vigueur, une certaine confiance en lui.

Des qu’il verra quelqu’un grignoter il sera peut être distrait son désir de nourriture viendra interférer avec la bonne marche de son enquête.

Ensuite on pourra évidemment utiliser des éléments plus subtils  introduire de nouveaux désirs conscients et inconscients, pour le rendre le plus vivant possible.

Cependant pour ne pas s’égarer sur le personnage du protagoniste notamment il convient de garder à l’esprit le conflit moral qui le préoccupe le plus et son processus de transformation par rapport à une situation de départ et une situation d’arrivée.

Voilà ma récréation est terminée pour le moment. Cet après-midi je vais faire une sieste, trainer un peu et probablement regarder un film ou deux afin d’éplucher leur structure narrative. Je fais ça avec un petit carnet que j’ai près de moi pour minuter quelques éléments importants par exemple à quel moment du film va arriver l’élément déclencheur qui va obliger le protagoniste à sortir de sa routine pour s’engager dans l’aventure … généralement c’est autour de 20 minutes de diffusion.

En attendant je te souhaite une bonne fin de journée et te dis à demain.

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