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Ecrire des récits de fiction

En France tout le monde ou presque adorerait devenir écrivain. Pourquoi ne pas passer à l'action ?

Comment devient t'on écrivain ?

Bonjour c'est Paul,

Rien ne vaut une bonne nuit de sommeil. C'est la première chose à laquelle j'ai pensé en me levant parce que tout ce dont  j'ai besoin pour écrire,  c'est d'être en forme, d'avoir de l'énergie pour me mettre au boulot. Tout le reste ensuite découle plus ou moins directement de cette énergie.

Ensuite en buvant mon café et en regardant le plan de travail impeccable de la cuisine ma pensée a dérivé vers Henry Miller et sur la première page de "Tropique du Cancer", le premier livre  que j'ai lu de lui.

 

Je n'ai pas d'argent, pas de ressources, pas d'espérances. Je sui le plus heureux des hommes au monde. Il y a un an, il y a six mois, je pensais que j'étais un artiste. Je n'y pense plus, je suis ! Tout ce qui était littérature s'est détaché de moi. Plus de livre à écrire, Dieu merci !

Et celui-ci, alors ? Ce n'est pas un livre. C'est un libelle, c'est de la diffamation, de la calomnie. Ce n'est pas un livre au sens ordinaire du mot. Non ! C'est une insulte démesurée, un crachat à la face de l'Art, un coup de pied dans le cul à Dieu, à l'Homme, au Destin, au Temps, à la Beauté, à l'Amour ! ... à ce que vous voudrez.

Il devait être âgé de 40 ans à la publication de ce premier bouquin. Je devais en avoir 18 lorsque j'ai découvert cette première page qui me fit l'effet d'une uppercut, c'est à dire qu'elle m'a tout de suite insufflé une énergie formidable. Jamais je n'ai découvert de tels propos auparavant en m'engouffrant dans la lecture d'un livre. Cela ne signifie pas que j'ai saisi à ce moment là le sens profond de ce que voulait me transmettre Henry Miller derrière ces quelques mots. Non bien loin de là cette idée que j'ai pu à cet instant y comprendre quoique ce soit. Tout ce dont je peux me rappeler c'est qu'après avoir lu une dizaine de pages, je me suis levé de ma chaise et qu'il fallait que je bouge, c'était devenu une nécessité.

Alors je suis sorti de ma chambre pour atterrir dans la rue et j'ai marché à une cadence soutenue durant au moins deux bonnes heures dans les rues de Paris. L'énergie fournit par ces toutes premières pages était si puissante qu'elle semblait toucher chaque molécule de mon corps et les mettait peu à peu toutes en branle, dans une merveilleuse agitation.

Ensuite je suis revenu à ma chambre et je me suis attablé pour écrire. Bien sur j'ai du rédiger une dizaine de pages dans le même esprit que Miller , je voulais comprendre comment il avait fait pour me transmettre cette puissance des mots et cette formidable énergie avec laquelle je me sentais capable de dévorer le monde entier. J'étais ni plus ni moins qu'en transe.

Je ne sais pas pourquoi cela me revient d'un seul coup ce matin ni pourquoi j'éprouve ce besoin de t'en parler sinon parce que c'est tout bonnement  relié à ma toute première pensée, à la nécessité de ressentir l'énergie, d'en jouir de tout le potentiel de ses cellules consciemment avant de se jeter dans l'écriture.

Tout le reste n'est que du matériel fluctuant au gré de cette énergie.

Seul le flux compte, le rythme, la mélodie et alors les mots viennent les uns après les autres comme des feuilles qui se posent sur l'eau d'une rivière qui elle même se fraie une route  vers l'océan.

C'est ce jour là qu'il m'est apparu évident que la seule chose que j'avais envie de faire de ma vie c'était d'écrire.

Seulement voilà je ne savais pas vraiment quoi écrire à ce moment là, tout ce que je désirais c'est pouvoir renouveler cette transe que j'avais vécue.

S'en sont suivies des années difficiles et qui m'ont donné la preuve avec le recul de l'age que je n'avais absolument rien saisi de la profondeur de cette première page de Tropique du Cancer.

Je veux dire que d'avoir découvert la transe m'aura fait pénétrer dans une version romantique de l'écriture et c'était en grande partie ce que dénonce Miller justement dès cette première page.

Pour écrire un roman il faut en terminer une bonne fois pour toute avec l'inquiétude, avec l'angoisse, avec l'idée que n'en savons pas suffisamment sur l'écriture.

Pour écrire un roman il suffit juste de se dire :

"Il n'y a plus rien, tout est désert, je ne peux compter sur rien d'autre que d'écrire et écrire encore. Tout le reste n'est rien d'autre que de la littérature."

J'avais juste besoin de partager cela avec toi ce matin voilà qui est fait 

Belle journée !

 

 

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