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Ecrire des récits de fiction

En France tout le monde ou presque adorerait devenir écrivain. Pourquoi ne pas passer à l'action ?

Si tu veux écrire une bonne histoire reviens toujours à l'origine !

Bonjour c’est Paul,

Une chose importante que m’enseigne cette situation de confinement et que je désire partager avec toi ce matin c’est la notion de retour à l’origine. C’est la seule chose vraiment intéressante parmi tout ce qui m’était proposé que j’en retiendrai.

 Car c’est grâce à cette notion de retour que j’ai pu trouver l’énergie de travailler au moins autant sinon plus qu’avant le confinement.

Le fait de se retrouver enfermé virtuellement par rapport au   reste du monde n’est pas arrivé d’emblée.

 Au début j’ai continué à entretenir des liens avec mes proches via le téléphone, les réseaux sociaux, des forums, des mails,  la télévision …et puis progressivement je me suis aperçu que le temps que je passais à m’occuper de toutes ces choses ne me faisait pas avancer.

Je veux dire avancer par rapport à l’objectif que je me suis rapidement fixé dès les premiers jours de confinement  d’écrire un roman en deux mois. De profiter de tout ce temps.

J’ai donc cherché une idée qui avait un potentiel suffisant pour pouvoir écrire 700 pages ce qui n’est pas une mince affaire. Et qui ne représente en pourcentage que 10%  de l’immense travail que représente cette tâche.

Ensuite j’ai commencé à donner vie à des personnages dans le cadre de cette histoire avec une problématique pour chacun d’eux en relation avec la problématique générale de mon histoire

Puis j’ai amassé de la documentation sur les lieux, sur les thèmes que j’avais décidé d’aborder en filigrane tout au long du récit.

Du coup j’ai obtenu ainsi au fur et à mesure des jours suffisamment de matériel  pour commencer à écrire mon histoire. 40% de préparation, avec en parallèle la contrainte d’écrire entre 1500 et 2000 mots quotidiennement.

En fait ma problématique est assez banale ce n’est pas cela le plus important c’est le point de vue que je vais utiliser pour l’exprimer au travers de ce récit. C’est aussi à partir de ce postulat de départ que tout a commencé vraiment.

Et du coup comment faire lorsque tu te trouves soudain devant cette complexité d’avoir à écrire quelque chose de « nouveau » à partir de quelque chose « d’ordinaire » ?

C’est à mon avis le problème n° 1 de tous les artistes honnêtes avec eux-mêmes. Ceux qui ne se considèrent pas comme des génies et qui s’accrochent à une habitude d’humilité bien rodée.

Comment partir de la complexité apparente du monde  pour parvenir à la clarté cachée en toute chose ?

Il me semble qu’en ce moment c’est ce qui est le plus important pour moi, ce je veux dire comme sous texte de mon roman.

Evidemment je ne suis pas arrivé à cette idée spontanément. C’est par recoupements successifs comme un enquêteur minutieux que j’en suis arrivé là.

En remontant la piste laissée progressivement par les indices

Ces indices sont donc

Ma première idée de départ

Mon protagoniste de départ

Mon antagoniste de départ

Mon cadre de départ

Mon enjeu (celui du protagoniste) de départ

Le conflit moral qu’il doit résoudre à priori

Ses désirs conscients masquant des désirs inconscients.

Et bien sur la façon dont il allait évoluer tout au long du récit pour parvenir au Climax c'est-à-dire l’apothéose c'est-à-dire là où éclate le conflit et où l’aventure prend fin, que le protagoniste peut reprendre le cours de sa vie d’avant.

J’aurais pu écrire sur cette histoire invraisemblable que représentent cette pandémie, et cette situation de confinement mais j’ai trouvé que c’était tellement tentant que je ne me suis justement pas laissé tenter.

Sans doute parce que je voulais m’occuper et penser à autre chose aussi pour être totalement franc.

Et pourtant au final tout ne cesse de m’y ramener

Parce qu’un roman a un nombre fini de pages dans lesquels un récit commence et s’achève et qui fait intervenir des personnages qui eux aussi naissent, vivent et meurent à l’intérieur de cette histoire.

Un confinement dans le confinement en quelque sorte !

Mais ça ne s’arrête pas là.

D’abord il y a la rédaction d’un premier jet ( le plus facile )

Puis une relecture de ce premier jet met en relief tout ce qui est trouble insuffisamment explicite, trouble maladroit, incohérent …

Un léger vertige à surmonter puisqu’il faudra tout reprendre à zéro.

Et oui d’expérience le colmatage ne me vaut rien je préfère tout réécrire.

Et plusieurs fois de façon à épuiser totalement tout ce que je pourrais dire sur un sujet un détail une scène pour en tirer l’essentiel. Ce qui me permettra de relire ce passage sans avoir besoin d’un jugement d’une critique extérieure. Car en ce qui me concerne c’est le pire piège dans lequel ne doit absolument pas tomber un écrivain.

Avoir besoin de l’aval d’un lecteur relève d’un manque de foi, un manque de confiance en soi. Et cette confiance au bout du compte pourquoi aller la chercher à l’extérieur de soi  puisque comme c’est écrit dessus elle est « en soi ».

C’est à mon sens l’épreuve la plus difficile et la plus longue. La plus périlleuse également.

De cette confiance en soi dépendra toute la suite de ce que l’on peut considérer être une carrière d’artiste.

En ce qui me concerne j’ai fini par l’acquérir tardivement. Mais c’est sans regret car justement le fait d’avoir tellement galéré pour l’obtenir me donne une sorte d'accessit pour en parler honnêtement.

Comment résumer à la fois ce qu’il faut savoir de l’écriture d’un récit de fiction de l’élaboration des personnages de celui-ci tout en informant le lecteur élégamment c'est-à-dire à la fois en le distrayant et en lui apportant vraiment quelque chose de nutritif tout en étant en pleine période de confinement et avec une confiance en soi encore fragile car toute nouvelle ?

Voilà en gros ce que j’essaie de partager avec toi qui probablement si tu t’intéresses au contenu de cet article pour le lire jusqu’au bout  ne t’es pas étranger.

Alors je vais te livrer un secret qui vaut pour écrire de bons récits de fiction mais tout autant dans la vie de tous les jours

Ce secret c’est de s’accrocher à l’archétype ! Quand tu te trouves perdu, quand rien ne va plus, quand tu es dans le brouillard… crois moi c’est une astuce essentielle qui t’aidera toujours à t’en sortir.

C’est quoi un archétype ?

Alors là je ne vais pas me fouler pour faire de longues phrases je vais te coller la définition de wikionary si cela t’intéresse de faire quelques recherches supplémentaires

https://fr.wiktionary.org/wiki/arch%C3%A9type

Ce qu’il faut retenir pour gagner un peu de temps c’est une phrase de Platon

"Les idées, selon Platon, sont l’archétype du monde."

Cela ne veut pas dire autre chose que le monde tire sa complexité toujours d’une origine première et j’ajouterais en plus d’une simplicité première.

Faisons tous les deux un saut dans le temps et revenons à nos lectures d’enfance.

En ce qui me concerne j’adorais lire des contes et des légendes j’en étais vraiment fan et plus particulièrement de tout ce qui concernait la mythologie grecque.

 

Ces histoires m’ont probablement énormément servi dans mon enfance à pouvoir m’appuyer sur des schémas de compréhension clairs lorsque j’observais hébété la complexité inouïe des relations entre les membres de ma propre famille mais aussi entre mes camarades entre eux, j’avais l’impression d’être toujours un peu décalé par rapport à toutes ces relations de ne rien pouvoir y comprendre sauf qu’elles étaient pour moi d’une violence extrême.

Et donc pour avoir la paix je mettais le nez dans l’Iliade et l’odyssée et je m’embarquais aux cotés des héros grecs sous le soleil de l’Egée.

Là était pour moi la vraie vie, la vie simple il fallait se battre pour vivre contre des méchants clairement définis pour ma caboche d’enfant et grâce à ces histoires j’ai pu éprouver toute la collection des émotions humaines de façon condensée.

Evidemment je m’identifiais à Ulysse à Achille à Thésée successivement et suivant les situations que je rencontrais dans la vraie vie.

Quand tout devenait tellement violent compliqué insoutenable je reprenais courage en allant puiser dans ces histoires en tentant de rapprocher mes obstacles de ceux qu’avaient pu franchir mes héros favoris.

En fait ce que j’ai fait inconsciemment dans mon enfance naturellement si je puis dire c’était tout bonnement de revenir aux archétypes, à l’origine des conflits moraux que peut traverser tout être humain ou toute divinité grecque si l’on veut et d’obtenir non pas forcément des clefs pour les résoudre mais surtout savoir que l’on pouvait trouver des clefs ce qui est bien différent.

Quitte à les forger tout seul.

C’est surement un thème de travail qui dépasse de loin celui de l’écriture de récits de fiction que celui d’apprendre à travailler le métal de nos conflits moraux différemment de façon à ce qu’ils fassent progresser le monde intelligemment.

Pour l’heure je ne me cantonnerais qu’à la chose la plus simple qu’il soit, celle que je connais, c'est-à-dire partager avec toi ces quelques réflexions sur la manière de bien écrire des récits de fiction.

Quand tu trouves une idée remonte la piste de celle-ci le plus en amont possible qu’il t’est permis

Quand tu trouves une idée de personnage revient à l’archétype

Quand tu écris ton premier jet, relis tranquillement celui-ci et réécris le afin que tu parviennes à la moelle de ce que tu veux faire passer et prendre toujours le même plaisir à le relire sans avoir besoin de te référer à l’opinion de qui que ce soit.

 

Si mon texte t’a plu et que tu le trouves digne d'être partager avec des amis  intéressés par l’écriture, je n’y vois aucun inconvénient.

Tu peux même te l’approprier car ce ne sont que des idées qui sont là depuis la nuit des temps, elles ne m’appartiennent pas j’essaie juste de poser un peu de clarté sur elles, les éclairer pour que tu puisses t’en souvenir et rien de plus.

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Sarah-K 03/05/2020 13:18

Bonjour, j'aime beaucoup cet article. Je ne suis pas sûre d'avoir compris le principe de l'archétype d'une idée mais retourner aux sources pour écrire me parle.

Paul 03/05/2020 19:05

L'archétype d'une idée c'est un peu un pléonasme si on se réfère à Platon ... ce que je veux plutôt dire c'est de ne pas rester sur des idées "bateaux" des idées instinctives et de remonter jusqu'à la racine des désirs conscients ou inconscients si possible qui nous les font apparaître dans l'incarnation d'un personnage, d'une scène, d'un chapitre c'est pour cela que je parle aussi dans un autre article du milking c'est à dire exploiter vraiment toutes les possibilités d'une idée, ne pas rester à la surface , dans le convenu. Merci beaucoup pour ce retour en tous cas, cela signifie que je n'ai sans doute pas été clair et que ce sera à réviser ;-)